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Les carnassiers record sont rarement capturés par le fruit du hasard. Ce sont dans la majorité des cas des spécimens isolés, très méfiants, ayant survécus au fil des ans.
Leur comportement alimentaire les met à l’abri de la prédation humaine car leur route et leur zone de repos sont établies à l’écart des carnassiers de taille moyenne.
Ces gros poissons vivant dans des caches obscures au plus profond des failles et proche des zones de nourrissage, demandent de notre part une prospection très méthodique et une approche très discrète pour déclencher sur leur zone de repos leur agressivité, sans les effrayer.
J’ai, dans ma carrière de pêcheur de sandre en 36 années de pratique, pu capturer 9 poissons dépassant ce mètre fatidique et je peux vous assurer qu’à chaque fois, ce n’était pas le fruit du hasard.
Ce dernier poisson exceptionnel pris en 2010 mesure 1,005 m pour 10,8 kg et je l’ai capturé en float tube à la verticale au Thunderblade Storm sur le lac de Vouglans dans le Jura.

Une méthode d’approche très discrète
Le float tube me permet d’approcher les postes stratégiques en toute discrétion, contrairement à une embarcation motorisée.
Tel en confirme cette photo où j’ai pu approcher à moins de 10 mètres un chamois :

Aucun bruit parasite produit par la coque ne vient perturber la pêche sur ces zones où les gros carnassiers se sentent à l’abri de la prédation humaine.
Avec un certain sens de l’eau, le placement sur les postes est proche de la perfection, tant les sensations sont amplifiées.
Les explosions de poissons blancs à la surface permettent, après une longue observation, de me positionner au plus près des cassures et des failles avoisinantes. Je fais alors partie intégrante du milieu.
Le Thunderblade Storm pour une prospection « jig » :
Le Thunderblade est un leurre à tête chercheuse, spécialement étudié pour jigger à la verticale.
Il est bien équilibré et me permet de jigger sans emmêler ma ligne.
Le leurre utilisé est un modèle de 7 cm couleur chrome jaune et rouge(n°396) :

Mon moulinet Stella est chargé en tresse de 13 centièmes Power Pro. Le bas de ligne se termine par un fil fluorocarbone de 60 cm de Cannelle en 30 centièmes.
Le mouvement est simple : le leurre est descendu sur le fond pour la première prise de contact.
Puis, ce sont des mouvements verticaux amples et secs entrecoupés de pauses plus ou moins longues, cela ressemble un peu à la technique du plomb palette.
Je recherche et longe la faille la plus profonde tout au long de ces mouvements en avançant tout doucement avec mes palmes.
La touche est généralement bien appuyée et ne passe pas inaperçue.
Le ferrage est instantané, les ratés sont rares.
Les poissons ainsi capturés sont peu nombreux mais sont généralement d’une taille exceptionnelle par rapport à la moyenne des prises capturées sur les zones moins profondes, où transitent les poissons blancs.
La sélection des postes avec une approche discrète et une prospection méthodique permet souvent de faire la différence face à des spécimens éduqués.
Marc Roiron
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