Claude VALETTE
« La pêche, je suis tombé dedans quand j’étais petit, et en plus d’une passion qui dure depuis quarante ans, c’est devenu mon métier. En 1968 j’ai 6 ans, nous habitons en Suisse romande sur les bords du lac de Neuchâtel, et les dimanches matin, quand nous ne pêchons pas la truite en rivière, mon père m’emmène au port voir le retour des pêcheurs professionnels. Outre les poissons recherchés comme les perches, les truites ou les brochets, parfois ils ramènent des silures qu’ils gardent quelques jours dans des bassins où il est possible de les observer facilement. Tout le monde est sidéré de voir de tels poissons … et à écouter les professionnels, il en existe des beaucoup plus gros, mais qui cassent les filets ou les lignes de fond ! Les rumeurs et les discussions vont déjà bon train, mais à cette époque il est impensable de les pêcher à la canne. Ca ne sera que 15 ans plus tard que je m’y mettrais.
Je capture mes premiers silures dans le canal de la Thièle en mai 1984, mais les résultats stagnent, la taille des captures n’est pas à la hauteur de mes espoirs et par manque de connaissance et de matériel adapté, je n’arrive que rarement à bout des plus gros poissons touchés. Après avoir baroudé un peu sur la Seille, la Saône et le Rhône, en Italie sur le Pô ou en Allemagne sur le Rhin, ce n’est qu’en 1993 que je découvre l’Ebro, et que le virus « silure » prend réellement toute son ampleur. En quelques années de pêche sur ce fleuve je peaufine mes techniques et je capture plus de gros silures que jamais je n’avais osé espérer. Dès lors, mes compétences et mes connaissances des lieux et du poisson ainsi que la maitrise de plusieurs langues me permettent de pouvoir aider les autres pêcheurs et en 1998 je commence mon activité professionnelle à Mequinenza.
Ce petit village de 2800 habitants se trouve entre Catalogne et Aragon juste à la confluence du Segre et de l’Ebro, lieu stratégique s’il en est. Les eaux du Segre chargées en sédiments et les fonds limoneux parsemés d’arbres immergés en font « LE » biotope parfait pour le silure (et la carpe), tandis que les sandres et les black-bass préfèrent la clarté et la profondeur des eaux de L’Ebro et du lac supérieur. »
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